| Fondée en 984, Ancenis était une île, bordée au nord d'une forêt dont celle actuelle de la commune de Riaillé n'est qu'un vestige.
Le toponyme de la ville est celtique et la terminaison " enis " (mot celte qui en français signifie "île") correspond à la réalité géographique. En effet, située sur la rive droite de la Loire, à une centaine de kilomètres de l'océan, Ancenis est bâtie sur une butte schisteuse (schistes lie de vin et vert amande) qu'entoure une dépression en voie de comblement. D'ailleurs, le dolmen de la Pierre Couvretière (visible à l'est de la cité), le menhir de Juigné et le débris du colossal dolmen gisant au milieu du marais de Grée attestent éloquemment l'ancienneté de cette origine.
Il n'y a pas si longtemps, on pouvait lire sur un panneau posé sur les tours du château "En quatre siècles, ces vieux murs ont subi l'assaut de huit armées : 1174, Henri II Plantagenêt ; 1214, Jean sans terre ; 1230, Louis IX, 1341, Charles de Blois ; 1468, Louis XI ; 1485, François II ; 1488, La Trémoille ; 1490, Anne de Bretagne"… L'histoire ancenienne est ici succinctement, voire simplement résumée en quelques lignes ! Mais on perçoit d'emblée la connotation on ne peut plus dramatique et chargée de la ville. Autant de dates et d'évènements majeurs jalonnant les grandes lignes qui font l'histoire de la Bretagne en général.
LA CONSTRUCTION DES QUAIS D’ANCENIS Août 1839 : on inaugure le pont suspendu d’Ancenis. Il n’y a plus d’obstacle à la circulation entre les deux rives de la Loire. Dans la foulée, les ingénieurs des Ponts-et Chaussées dressent les plans de quais, destinés à constituer le nouveau port d’Ancenis. Ils seront construits immédiatement en amont du pont. C’est-à-dire, pour la plus grande partie de leur longueur, devant les murailles du château, qui surplombent encore directement la Loire à cette époque. Le conseil municipal s’étonne de l’emplacement choisi. Pourquoi ne construirait-on pas plutôt les quais en aval du pont, le long du « grand port » ? C’est là, « dans la rue des Tonneliers et autres rues adjacentes que sont situés à peu près tous les nombreux chantiers et magasins de bois, d’engrais, de houille, de vins et vinaigres et de matériaux de toute espèce dont le commerce se fait par la Loire ». Il ne faut pas imaginer, ajoutent les conseillers, que les commerçants iront faire transporter à grands frais leurs marchandises jusqu’aux nouvelles cales pour les faire embarquer. Le conseil souhaite qu’au moins le quai soit prolongé vers l’aval jusqu’à la chaussée Letort (au niveau de l’actuel restaurant de La Charbonnière). Mais l’administration maintient son choix : c’est que l’implantation des quais en aval du pont permet de construire une nouvelle voie de circulation. Elle commencera au débouché du pont, passera devant le château, rejoindra l’avenue qui traverse la prairie de Saint-Pierre et, de là, la route royale d’Angers, au pont de Grée, en gagnant 900 mètres sur l’itinéraire normal. Une autre considération joue peut-être : le grand port s’ensable. Les ingénieurs ont pu craindre qu’un quai en aval du pont ne soit vite rendu inabordable par la formation de grèves. Les remblaiements commencent en 1841 : des tonnes et des tonnes de sable sont apportées au pied des murs du château. Mais le chantier va bientôt s’interrompre, à cause des difficultés causées par le duc de Tourzel, propriétaire du château, pour la cession d’une bande de terrain prise sur son jardin. Les travaux tardent à reprendre. L’entrepreneur, François Briau, lassé d’attendre, obtient la résiliation de son marché. Le conseil municipal s’étonne de ces lenteurs : on a fait moins de manières pour exproprier les terrains nécessaires à l’établissement du chemin de fer (alors en construction). Une fois les terrains acquis, c’est le déblocage des crédits qui tarde. Les travaux reprennent enfin le 6 juillet 1851. Il y a plus de dix ans qu’ils sont engagés ! Et l’on s’attaque à la démolition des murs du château. Les quais seront achevés en 1852. Le nouveau quai est un bel ouvrage. Long de 307 m, il rejoint le pont à son extrémité aval. La chaussée supérieure forme la nouvelle voie dont on vient de parler. Le tablier inférieur, destiné au transbordement des marchandises, communique avec le quai supérieur ou « risberme » par deux cales à double rampe. Un haut « mur de quai » sépare les deux niveaux. Mais ce bel ouvrage n’aura guère d’utilité. Au moment même où les travaux des quais reprenaient, on inaugurait solennellement le chemin de fer entre Angers et Nantes. Redoutable concurrence pour la marine de Loire. Dès 1860, Émilien Maillard, l’historien d’Ancenis, observe que la Loire « a perdu toute son importance commerciale48». Les quais ne connaîtront qu’une maigre fréquentation, bien loin de l’animation bruyante que pouvait espérer leurs promoteurs. Leur principale utilité aura été de supporter une nouvelle avenue, permettant de gagner le sud de la Loire depuis la route d’Angers sans traverser la ville. Aujourd’hui, ils appartiennent au patrimoine monumental de la commune. Bertrand Boquien (A.R.R.A)
 ANCENIS REDECOUVRE SON PASSE La fin d’année 2008 a été riche au niveau de l’histoire locale. L’ARRA a publié son 23ème ouvrage « Histoire et Patrimoine au Pays d’Ancenis » alors que Le Souvenir Français a édité un livre écrit par Joël Thiévin sur le 64ème Régiment d’Infanterie. Le marais de Grée à l’honneur dans la dernière revue de l’ARRA L’Association de Recherches de la Région d’Ancenis vient de fêter ses 30 ans. Une belle longévité qui témoigne d’un engagement sans faille de plusieurs générations de passionnés d’histoire locale. Une vraie aubaine pour le Pays d’Ancenis qui peut ainsi conserver ou retrouver des éléments de son passé récent ou plus lointain. Le dernier ouvrage publié aborde treize sujets différents au détour d’une centaine de pages. Mis à part un zoom sur Ligné et un article insolite sur le poudingue d’Ingrandes (sorte de galet), Ancenis occupe une place importante. Les auteurs décrivent une découverte archéologique aux Ursulines, abordent la guerre de 1914-1918 avec le 64è R.I., racontent l’itinéraire du sculpteur Barrême (1795-1866) et consacrent un dossier d’une vingtaine de pages au marais de Grée. Outre la découverte de ce milieu naturel majeur et de sa faune extrêmement riche (huit espèces de canards par exemple), le lecteur se familiarisera avec un lieu hautement culturel. Grâce à des textes variés et fortement illustrés, l’ARRA met l’histoire du Pays d’Ancenis à la portée de tous.
Ancenis, ville de garnison Alors que la mémoire vivante des soldats du 64ème Régiment d’Infanterie a aujourd’hui pratiquement disparu, ce modeste ouvrage se penche sur la vie et l’histoire de ces militaires casernés à Ancenis, ville de garnison, de 1881 à 1924. Sur les cartes postales et les clichés patinés dans les albums photos oubliés, de jeunes soldats posent, fiers ou inquiets… Ce sont nos aïeux… En ce 90ème anniversaire de l’Armistice, c’est un ultime hommage immarcescible à ces « sacrifiés » de la Grande Guerre. L’opportunité leur est donnée aussi de « dérouler la carrière » du Quartier Rohan, à la Davrays, du XVIIème siècle à nos jours, d’hier à aujourd’hui. C’est enfin l’histoire de la petite cité, sous-préfecture ligérienne, qui vous est contée. Une histoire d’amour entre la ville et son régiment, de la belle époque aux années folles…
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