Aller au contenu | Aller au menu principal | Aller au sous menu | Aller au menu mairie | Aller aux liens divers | Aller à la recherche

Mairie d'Ancenis

Recherche

Menu principal

AccueilVie culturelle > Le Théâtre Quartier Libre > ActualitésLa nuit où le jour s’est levé / critique
Envoyer à un ami

La nuit où le jour s’est levé / critique

Publié le 3 mai 2018
A lire la très belle critique de Véronique Hotte sur le site hottello- théâtre
Raynaud de Lage
Raynaud de Lage

Les auteurs Catherine Verlaguet, Magali Mougel et Sylvain Levey ont accompli un travail passionnant de narration scénique, claire et précise, déterminée et détaillée si bien que le spectateur se laisse embarquer sans effort dans une aventure tumultueuse pleine de rêves et de cauchemars, une épopée plutôt ténébreuse d’abord qui prendra peu à peu la lumière du soleil et les couleurs d’un avenir radieux.

Entre-temps, l’expérience existentielle a été nourrie de difficultés pratiques, logistiques et juridiques – souffrances et chemin de croix à surmonter avec obstination patiente pour atteindre l’accomplissement intérieur, son désir et sa vérité. Le récit concerne l’adoption d’un enfant brésilien par une jeune française, et le retour en France du bébé et de sa mère adoptive, semé d’embûches et de tourments.

Suzanne, figure de femme partie découvrir le Brésil, devient bénévole dans une maternité gérée par un couvent : elle adopte un nouveau- né abandonné par sa mère.Or, ce n’est pas chose facile pour la jeune femme que de ramener en France le petit Tiago ; administration et police brésiliennes sont un premier obstacle à dépasser.

De même, la traversée entre l’Espagne et le Portugal est épique et poétique sous la neige qui tombe et le froid de l’hiver, et la police qui rôde. Heureusement, des êtres bienveillants sont là qui aideront au bel accomplissement final du périple. Trois comédiens se font les conteurs – interprètes et témoins – de cette initiation magnifique, Clément Bertani, Jérôme Fauvel et Théo Touvet : un trio efficace pour la rencontre entre la mère et l’enfant, leur odyssée commune, les secours providentiels. La manipulation de la roue Cyr – cerceau à taille humaine – par le comédien circassien Théo Touvet et par les deux autres acteurs, installe le spectacle entre théâtre et cirque – l’illumination scénique d’un engagement d’après une histoire vraie.

La scénographie d’Amandine Livet est rayonnante de sobriété et de liberté sous les lumières de Sébastien Revel, et l’atmosphère est porteuse d’un onirisme subtil, sorte de caverne maternelle à la fois sombre et lumineuse, jouant du théâtre d’ombre et des formes enivrantes de la roue Cyr– songes et rêves. Courbes, cercles, rondeurs, souplesse des accessoires signifient l’espace protégé du couvent au milieu d’une nuit inhospitalière, ou bien le désert brésilien où l’on se sent minuscule en voyant passer quelques bus inconnus, ou les montagnes espagnoles. De même, le public est subjugué par les élans chorégraphiés des trois interprètes qui incarnent à tour de rôle, la même Suzanne. Douceur de la gestuelle, souplesse des mouvements, corps presque dansés qui se haussent vers les hauteurs pour tutoyer le firmament ou bien étendent leurs bras alentour comme pour embrasser la terre.

La roue est ressentie comme l’heureux aboutissement de la quête – soleil, lune. Comment devient-on parent ? Il n’est pas toujours facile d’être mère, et il n’est pas facile d’être soi, et les trois comédiens interprètent admirablement cette histoire existentielle féminine entourée d’hommes empêcheurs de tourner en rond, si ce n’est le frère de Suzanne qui parle régulièrement à sa sœur au téléphone grâce à un accessoire inattendu mais porteur de lumière intime et modeste, un lampadaire.
Des mains qui se serrent et se conjuguent sous un filet de lumière pour une image de partage, d’humanité et de générosité, telles sont les valeurs gagnantes de l’aventure décrite, belle et seule conquête humaine de l’apprentissage de la vie.

Retour à la page précédente  Haut de page